Rendons l’eau à la terre pour restaurer le climat. Justine Richer. France Libertés

octubre 1, 2018

L’eau, à la portée de tout le monde a été, depuis toujours, la lutte de Danielle Mitterrand.

Voici l’Editorial de Justine Richer, chargé du Programme Eau-Bien Commun a France Libertés.

Depuis sa création en 1986, France Libertés défend activement les droits humains. Cet engagement historique s’est centré sur la défense des droits des peuples à l’autodétermination face à l’oppression de régimes autoritaires. Cette mobilisation auprès des populations s’est traduite de plus en plus par l’appui à leurs combats pour disposer de leurs richesses naturelles, contre la spoliation de leurs terres ou encore pour la préservation de leurs savoir-faire et savoir-vivre traditionnels. Du dialogue qu’entretient France Libertés avec les populations opprimées, a émergé, il y a une quinzaine d’années, un axe central : le droit à l’eau pour tous.

Bien commun de l’humanité et du vivant, l’eau est l’élément essentiel à la vie. La Fondation se positionne clairement contre la vision purement marchande de ce bien commun, qui doit être géré de manière participative, démocratique, publique et durable. Symbole du partage, l’eau est vitale pour tous, riche ou pauvre. Priver une personne d’un tel bien est un crime, affirmait Danielle Mitterrand. C’est ainsi tout naturellement que France Libertés a soutenu la bataille pour la reconnaissance du droit à l’eau par les Nations Unies et s’implique désormais dans la lutte pour sa mise en œuvre et son respect par les Etats et les tiers.

Selon Danielle Mitterrand, « La sauvegarde de l’humanité implique un changement de modèle, une rupture radicale dans les pratiques de gestion des ressources naturelles afin de les protéger et de les mutualiser au profit de tous, au Sud comme au Nord ».

Le changement climatique est actuellement au cœur de nos enjeux sociétaux : il remet en question l’intégralité de notre mode de vie reconnu comme cause majeure du dérèglement du climat. Si l’on perçoit de plus en plus les menaces et conséquences des perturbations climatiques, c’est bien par l’eau que celles-ci sont le plus visibles : évènements extrêmes, sècheresses, inondations, désertifications… L’eau et le climat sont intrinsèquement liés. Ainsi France Libertés souhaite mettre en avant l’importance de la protection de l’équilibre du cycle de l’eau pour la préservation de cette ressource naturelle, bien commun de l’humanité. France Libertés s’engage pour rendre l’eau à la terre pour restaurer le climat et que les communautés puissent devenir actrices d’un changement positif pour préserver leur mode de vie et leur accès à l’eau.

La question de l’accès à l’eau est au cœur de nombreuses actions menées par France Libertés dans le cadre de notre programme sur le droit à l’eau et de celui sur les droits des peuples. Aujourd’hui mis en danger par le dérèglement climatique, nous souhaitons poursuivre la diffusion de notre plaidoyer mais également soutenir des actions de terrains œuvrant pour l’équilibre du cycle de l’eau comme levier d’action contre le changement climatique.

C’est pourquoi France Libertés – Fondation Danielle Mitterrand lance aujourd’hui un appel à propositions visant le soutien de projets, menés par des structures sans but lucratif, agissant en faveur du lien existant entre cycle de l’eau et climat.

 


7ème anniversaire du Droit à l’eau et l’assainissement : où en est-on aujourd’hui ? France Libertés

julio 31, 2017

28 juillet 2010 : les Nations Unies reconnaissent le droit de l’Homme à l’eau comme un droit fondamental, essentiel à la vie. Sept ans plus tard la France ne semble toujours pas prête à concrétiser son engagement.

Alors que nous sommes au 21ème siècle, une époque synonyme de modernisme, de richesse, d’avancée technologique et de prise de conscience écologique, la France n’a toujours pas reconnu le droit à l’eau. Pire, elle l’a concrètement ignoré en rejetant en février 2017 une proposition de loi issue de travaux coordonés par la Fondation France Libertés, la Coalition Eau et plusieurs autres associations visant à la mise en œuvre effective du droit à l’eau en France.

Amendement après amendement, le texte a été volontairement vidé de son contenu en subissant une opposition systématique et aveugle du groupe Les Républicains, qui a même jugé contestable le premier article du texte qui inscrivait simplement le droit à l’eau potable et à l’assainissement dans le droit français. C’est pourtant le Président Nicolas Sarkozy qui avait porté la signature de la France devant les Nations Unies en 2010.

Si la France ne reconnait pas le droit à l’eau et à l’assainissement, elle reconnait néanmoins le droit à un logement décent. De celui-ci résultent certaines garanties permettant notamment à toute personne ou famille éprouvant des difficultés particulières d’avoir accès à une aide de la collectivité afin de disposer de la fourniture d’eau, d’énergie et de services. Les coupures d’eau pour impayés dans une résidence principale ont ainsi été interdites par l’article L 115-3 depuis le 15 avril 2013, ce qui n’empêche malheureusement pas certaines multinationals d’y recourrir encore quatre ans plus tard. Dans un pays ou les politiques ne veulent pas faire du droit à l’eau pour tous une priorité et qui préfère laisser les multinationales faire leur loi, la défense de ce droit est devenu notre combat quotidien.

Malgré l’inertie de l’Etat français qui fait semblant d’ignorer la résolution de l’Assemblée Générale des Nations Unies reconnaissant le droit à l’eau potable et à l’assainissement comme un droit humain essentiel, nos associations continuent de se mobiliser pour la reconnaissance du droit à l’eau afin que cette ressource vitale puisse être accessible à tous et partagée pour faire humanité.

Certains combats sont longs mais si nous sommes déterminés nous finirons par atteindre notre objectif : le droit à l’eau et à l’assainissement pour tous effectif en France et dans le monde.


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